{"id":1357,"date":"2020-07-18T22:47:52","date_gmt":"2020-07-18T20:47:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aveyronline.net\/?p=1357"},"modified":"2023-01-25T10:45:55","modified_gmt":"2023-01-25T09:45:55","slug":"j-p-savignoni","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aveyronline.net\/index.php\/2020\/07\/18\/j-p-savignoni\/","title":{"rendered":"Les fant\u00f4mes vivants de <br>Jean-Philippe Savignoni"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Peut-\u00eatre Rodez est-elle peupl\u00e9e de fant\u00f4mes. Dans les b\u00e2timents, les rues, les quartiers, dans son histoire bien s\u00fbr mais aussi chez celles et ceux qui y habitent. Et peut-\u00eatre ces fant\u00f4mes ont-ils d\u2019embl\u00e9e parl\u00e9 \u00e0 Jean-Philippe Savignoni. <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"685\" src=\"https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/J_Savignoni-1024x685.jpg\" alt=\"Jean-Philippe Savignoni\" class=\"wp-image-1358\" title=\"\" srcset=\"https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/J_Savignoni-1024x685.jpg 1024w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/J_Savignoni-300x201.jpg 300w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/J_Savignoni-768x514.jpg 768w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/J_Savignoni-696x466.jpg 696w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/J_Savignoni-1068x715.jpg 1068w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/J_Savignoni-628x420.jpg 628w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/J_Savignoni.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Jean-Philippe Savignoni<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Qui sait, peut-\u00eatre d\u00e8s sa naissance dans cette ville, dans le milieu des ann\u00e9es soixante. D\u2019un p\u00e8re corse et d\u2019une m\u00e8re lorraine, le petit Jean-Philippe a d\u00fb \u00e9couter, les anciens, les autochtones, mais plus encore que \u00e7a : entendre des voix venues des pierres, du pass\u00e9, des b\u00e2tisses de Rodez et de \u00ab l\u2019entit\u00e9 \u00bb Rodez elle-m\u00eame. Dit comme \u00e7a, cela sonne un peu sorcier, histoires fantastiques pour effrayer les enfants. Mais non : avec son fr\u00e8re Jean-Sylvain par exemple, conteur et musicien, ou encore son neveu Symon, guitariste de jazz \u00e0 la Django, et sans parler de ses parents, les Savignoni font un peu office de griots. Et la marotte de Jean-Philippe, lui, c\u2019est d\u2019entendre une histoire dans tous les recoins de Rodez, voire d\u2019ailleurs. Les fant\u00f4mes qu\u2019il entend, ils sont bien vivants. Et depuis 35 ans, il raconte et il transmet ces histoires, non seulement aux touristes, mais aussi aux (Grands) Ruth\u00e9nois, entant que guide conf\u00e9rencier et conteur du patrimoine, un simple \u00ab employ\u00e9 \u00bb de la Ville dit-il officiant entre l\u2019Agglo, les Archives d\u00e9partementales et l\u2019Office du tourisme. \u00ab <em>J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 20 ans avec la chapelle de l\u2019ancien lyc\u00e9e Foch,<\/em> se souvient-il.&nbsp;<em> A l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9tais un peu introverti. Mais \u00e7a m\u2019a pouss\u00e9 sur sc\u00e8ne, \u00e7a m\u2019a d\u00e9sinhib\u00e9, lib\u00e9r\u00e9\u2026 Je ne pouvais pas r\u00eaver mieux. <\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et depuis, le r\u00eave perdure, et les fant\u00f4mes lui parlent toujours. De ses \u00e9tudes de comptables, \u00ab <em>j\u2019ai d\u00e9pos\u00e9 le bilan <\/em>\u00bb, dit-il, pour accomplir \u00e0 fond ce r\u00eave de raconter Rodez. Via ses pierres et ses habitants, morts ou vivants. \u00ab <em>Beaucoup visitent le cimeti\u00e8re, je fais un peu \u00e7a, je souffle sur les cendres, je convoque les morts. Je suis un peu comme entour\u00e9 de fant\u00f4mes. Mais j\u2019aime bien les faire revivre, raconter l\u2019histoire de ce qui a \u00e9t\u00e9. On a tellement oubli\u00e9 de choses, et aujourd\u2019hui tout pousse toujours \u00e0 laver la m\u00e9moire. Moi, j\u2019essaie de jeter des ancres, je me suis senti porteur d\u2019une esp\u00e8ce d\u2019imaginaire de l\u2019histoire. Moi qui aime \u00e9crire, c\u2019est comme un travail de romancier, j\u2019aime conter l\u2019histoire, la faire chanter, vibrer. <\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire lui parle, la ville lui parle aussi : \u00ab <em>Quand on vit dans une ville, on ne la regarde plus vraiment comme une personne qui dit : regarde-moi, , j\u2019ai des histoires \u00e0 raconter. <\/em>\u00bb Et Jean-Philippe \u00e9coute, et d\u2019\u00e9couteur le voil\u00e0 conteur, racontant la ville enti\u00e8re, ses maisons, ses pierres, son pass\u00e9, et aussi les vivants : \u00ab <em>Il y a une fraternit\u00e9 du souvenir, les gens sont venus m\u2019amener des documents, des r\u00e9cits. De ses r\u00e9cits, et de l\u2019histoire, il en a fait des DVD<\/em> (\u00ab Paroles de Ruth\u00e9nois \u00bb),<em> des ouvrages, et des visites guid\u00e9es<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant le confinement, Jean-Philippe Savignoni a continu\u00e9 \u00e0 faire le guide, \u00e0 conter et raconter Rodez, ce n\u2019est pas un mis\u00e9rable Covid qui emp\u00eachera aux fant\u00f4mes de raconter les histoires, de vivre \u00e0 travers les pierres et les hommes. Et pendant cette p\u00e9riode o\u00f9 \u00ab<em> les gens faisaient le GR de leurs propres quartiers <\/em>\u00bb, lui postait via Facebook de petites vid\u00e9os de 4 minutes qui contaient toujours l\u2019histoire de Rodez. \u00ab<em> Un patrimoine vu de chez moi, o\u00f9 j\u2019ai m\u00eal\u00e9 la grande Histoire aux trucs d\u2019ici. J\u2019ai mis un peu d\u2019humour, on avait besoin de \u00e7a, pour rappeler un peu l\u2019insouciance, qui n\u2019existe plus beaucoup maintenan<\/em>t. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9confin\u00e9, Jean-Philippe va continuer, et m\u00eame sortir hors des murs de Rodez, conter l\u2019histoire que les fant\u00f4mes des champs, apr\u00e8s ceux des villes, voudront bien lui confier. \u00ab <em>On a fait une caselle sur le Causse comtal, et puis Ini\u00e8res, Banocre&#8230; <\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Lui qui est all\u00e9 en Argentine, \u00e0 Pig\u00fce, r\u00e9aliser avec l\u2019\u00e9quipe de Fiasco Productions un long-m\u00e9trage autour de l\u2019histoire (une autre), de la Ruth\u00e9noise Marie Agar, qui tenait un magasin de photos rue du Bal, un film qui sera projet\u00e9 en ce mois de juillet, \u00e0 Rodez puis en suivant la vall\u00e9e du Lot.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme pour donner encore un peu plus d\u2019air aux gens d\u2019ici. Puisque dans cet air, comme dans les pierres, comme chez les gens, des histoires tournent, des histoires viennent, l\u2019histoire, les souvenirs, des fant\u00f4mes vivants, et par-del\u00e0 tout cela, ce qu\u2019il y a \u00e0 conter, ce sont les si petites histoires de notre humanit\u00e9. De toutes petites histoires qui \u00e9largissent l\u2019horizon et le rendent plus pr\u00e8s de nous.<\/p>\n\n\n\n<p>La vie v\u00e9ritable n\u2019est peut-\u00eatre en fin de compte qu\u2019une somme d\u2019anecdotes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peut-\u00eatre Rodez est-elle peupl\u00e9e de fant\u00f4mes. Dans les b\u00e2timents, les rues, les quartiers, dans son histoire bien s\u00fbr mais aussi chez celles et ceux qui y habitent. Et peut-\u00eatre ces fant\u00f4mes ont-ils d\u2019embl\u00e9e parl\u00e9 \u00e0 Jean-Philippe Savignoni. Qui sait, peut-\u00eatre d\u00e8s sa naissance dans cette ville, dans le milieu des ann\u00e9es soixante. 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