{"id":830,"date":"2018-07-23T09:01:23","date_gmt":"2018-07-23T07:01:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aveyronline.net\/?p=830"},"modified":"2020-05-23T09:07:40","modified_gmt":"2020-05-23T07:07:40","slug":"ces-aveyronnais-exiles-economique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aveyronline.net\/index.php\/2018\/07\/23\/ces-aveyronnais-exiles-economique\/","title":{"rendered":"Ces aveyronnais exil\u00e9s \u00e9conomique"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Toute \u00e9migration ou tout exil, depuis la nuit des temps, est une fuite devant la mis\u00e8re et la guerre, l\u2019histoire se r\u00e9p\u00e8te, sans fin. Les Aveyronnais n\u2019ont pas fait exception \u00e0 cette r\u00e8gle cruelle, avec plus ou moins de bonheur.<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignfull size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"666\" src=\"https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_exil-1024x666.jpg\" alt=\"exil par paquebot vers les Am\u00e9riques\n\n\" class=\"wp-image-831\" title=\"\" srcset=\"https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_exil-1024x666.jpg 1024w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_exil-300x195.jpg 300w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_exil-768x500.jpg 768w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_exil-696x453.jpg 696w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_exil-1068x695.jpg 1068w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_exil-645x420.jpg 645w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_exil.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aux 17<sup>\u00e8me<\/sup> et 18<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, la vie dans ce d\u00e9partement presque exclusivement rural \u00e9tait tr\u00e8s difficile, situation encore aggrav\u00e9e par le rude climat de l\u2019Aubrac. Pour faire la jointure entre deux r\u00e9coltes, on s\u2019embauchait b\u00fbcherons en Espagne ou vendangeur dans le Tarn. Le service militaire, qui durait alors deux voire trois ans, absorbait les plus gaillards, restaient aux pays les plus \u00e2g\u00e9s et les impotents. Filet d\u2019eau permanent, l\u2019exode devient fleuve dans les ann\u00e9es 1860 apr\u00e8s la crise du phyloxera qui ruina le vignoble. Au tournant du 20<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, le d\u00e9partement enregistrait une diminution de presque 39 000 habitants, 10% de la population. Les Aveyronnais fuient vers Toulouse, l\u2019H\u00e9rault, le Tarn, l\u2019Alg\u00e9rie o\u00f9 au c\u00f4t\u00e9 des gavatch de Loz\u00e8re ils vont installer des centaines de fermes, et plus loin encore, en Argentine, au Chili, en Californie&#8230;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais c\u2019est surtout Paris qui attire. Paris est un ventre qui r\u00e9clame des bras pour le nourrir. A pied, par Saint-Flour et Clermont-Ferrand, le voyage s\u2019effectuait en une semaine. A force de travail, ces rudes paysans se taillent une place et une r\u00e9putation entre Bercy et R\u00e9publique; mais l\u2019histoire officielle laisse dans l\u2019ombre ces centaines de jeunes filles pauvres \u00e0 peine \u00e2g\u00e9es de 15 ans qui s\u2019engagent comme bonnes \u00e0 tout faire dans les maisons bourgeoises ou les h\u00f4tels parisiens. Les hommes s\u2019emploient dans les caf\u00e9s et brasseries, \u00e9conomisent, cr\u00e9ent un \u00e9tablissement o\u00f9 ils font venir un fr\u00e8re, un cousin, qui \u00e0 leur tour fondent un nouveau caf\u00e9 et ainsi de suite durant deux ou trois g\u00e9n\u00e9rations. Ils gardent un contact \u00e9troit avec le pays ; ils y reviennent, montrent leur r\u00e9ussite ; Paris prend des figures d\u2019Eldorado, ce qui provoque de nouveaux d\u00e9parts. La plupart r\u00e9ussissent, du moins ont-ils \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la mis\u00e8re ; l\u2019entr\u2019aide est la r\u00e8gle \u00e0 travers les premi\u00e8res amicales ; le couteau de Laguiole, auquel des artisans ing\u00e9nieux ont ajout\u00e9 le tire-bouchon, devient le symbole des nouveaux princes de la <em>\u00ab <strong>limonade<\/strong> \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le temps des financiers<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u00e9 \u00e0 Vors, Roger B\u00e9teille, g\u00e9ographe et fin connaisseur de cette ruralit\u00e9, livrait en 2003 une analyse pr\u00e9dictive de la suite de cette aventure : \u00ab <em>&#8230;Dans les ann\u00e9es 80, on en \u00e9tait encore \u00e0 ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 dans les si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents. Les Aveyronnais de Paris \u00e9taient limonadiers de p\u00e8re en fils, c\u2019\u00e9tait le syst\u00e8me familial. On prenait les employ\u00e9s dans la famille, le voisinage. Les capitaux restaient confin\u00e9s \u00e0 ce milieu avec le syst\u00e8me des tontines et les vendeurs de bi\u00e8res qui pr\u00eataient de l\u2019argent. M\u00eame si cela existe encore, les structures financi\u00e8res ont compl\u00e8tement chang\u00e9. Pour les grosses affaires, les banques sont omnipr\u00e9sentes.<br>Beaucoup de ces petits \u00e9tablissements ont disparu avec l\u2019envol\u00e9e des prix de l\u2019immobilier&#8230; Voil\u00e0 un monde en pleine mutation sous les coups de boutoirs ext\u00e9rieurs&#8230; La tendance de fond, c\u2019est bien le d\u00e9passement de ce milieu familial au profit de structures financi\u00e8res et industrielles.<\/em> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-7387b849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L&rsquo;ASSOCIATION ROUERGUE-PIGUE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les gardiens de la m\u00e9moire<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>A travers de nombreux liens culturels et de m\u00e9moire, l\u2019association Rouergue Pig\u00fc\u00e9 cultive le souvenir de l&rsquo;aventure des familles aveyronnaises qui ont travers\u00e9 l&rsquo;oc\u00e9an au 19e si\u00e8cle pour fonder une colonie dans la Pampa argentine.<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis 1984, l&rsquo;association est tr\u00e8s active, et dans les deux sens, comme l&rsquo;explique Jean Andrieu, son archiviste : \u00ab<em> Gr\u00e2ce aux deux g\u00e9n\u00e9alogistes de l&rsquo;association, nous avons pu reconstituer les cousinades qui permettent aux familles des deux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;Atlantique de se retrouver, ce qui am\u00e8ne des Argentins \u00e0 venir en Aveyron retrouver la terre de leurs anc\u00eatres.<\/em> \u00bb&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"599\" src=\"https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_Cabanette.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-833\" title=\"\" srcset=\"https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_Cabanette.jpg 400w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_Cabanette-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.aveyronline.net\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/2018-07_Cabanette-280x420.jpg 280w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption>Cl\u00e9ment Cabanettes en en 1884 <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce lien culturel se concr\u00e9tise \u00e0 travers une action d&rsquo;apprentissage du fran\u00e7ais \u00e0 Pig\u00fc\u00e9 soutenue par le Conseil d\u00e9partemental grav\u00e9e dans le marbre par un accord d&rsquo;Etat \u00e0 Etat qui fait que les \u00e9coles de Pig\u00fc\u00e9 sont les seules d&rsquo;Argentine o\u00f9 le fran\u00e7ais est appris en premi\u00e8re langue. \u00ab<em> Sur place, il existe aussi une Alliance fran\u00e7aise et une Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise ainsi que l&rsquo;amicale Intercambios avec laquelle nous travaillons en permanence, entre autre pour organiser les \u00e9changes scolaires, des voyages touristiques.<\/em> \u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le projet en cours est la cr\u00e9ation d&rsquo;une BD racontant l&rsquo;histoire de l&rsquo;immigration \u00e0 Pig\u00fc\u00e9. Cette ville agricole de 16000 habitants perdue au milieu de la Pampa devient le 4 d\u00e9cembre, date de fondation de la ville, le lieu de convergence de tous les habitants de la Pampa qui draine jusqu&rsquo;\u00e0 20 000 personnes, une f\u00eate annonc\u00e9e m\u00eame par les journaux nationaux. \u00ab <em>Ce qui nous conforte dans notre action, dit M. Andrieu, c&rsquo;est que les jeunes adh\u00e8rent \u00e0 ce lien historique entre l&rsquo;Argentine et l&rsquo;Aveyron parce qu&rsquo;ils peuvent le vivre \u00e0 travers l&rsquo;histoire de leurs familles.<\/em> \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Plus d&rsquo;informations : <strong><a href=\"http:\/\/www.rouergue-pigue.com\" class=\"rank-math-link\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">www.rouergue-pigue.com<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toute \u00e9migration ou tout exil, depuis la nuit des temps, est une fuite devant la mis\u00e8re et la guerre, l\u2019histoire se r\u00e9p\u00e8te, sans fin. Les Aveyronnais n\u2019ont pas fait exception \u00e0 cette r\u00e8gle cruelle, avec plus ou moins de bonheur. 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