Notre-Dame de Foncourrieu

Le sanctuaire des vignerons

Photographies Patrice THEBAULT

Il est peu de lieux où l’histoire d’un territoire, celle de ses habitants et celle de son vignoble se rejoignent avec autant d’évidence qu’à Notre-Dame de Foncourrieu.

À la sortie de Marcillac-Vallon, au milieu des coteaux où prospère depuis des siècles le cépage mansois, la chapelle apparaît comme le véritable sanctuaire de la vallée. Ici, la pierre rouge du Rougier, les traditions populaires et la culture de la vigne composent un ensemble indissociable qui fait toute l’originalité du Vallon.

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Cette relation entre le lieu et le vignoble plonge ses racines dans un passé très ancien. Les premiers ceps auraient été implantés à l’époque gallo-romaine, avant que les communautés religieuses, et notamment les moines de Conques et de Bonnecombe, ne développent durablement la viticulture dans la vallée. Dès le Xe siècle, les cartulaires de Conques mentionnent des possessions viticoles autour de Marcillac, et au Moyen Âge les coteaux sont déjà largement couverts de vignes.

C’est dans ce contexte qu’apparaît la légende fondatrice de Foncourrieu. En 1338, raconte la tradition, une noble dame traversant un terrain envahi par les ronces et les serpents fut attaquée par un gigantesque reptile ailé. Elle invoqua la Vierge Marie qui lui apparut et écrasa la tête du monstre. En signe de reconnaissance, un oratoire fut élevé près d’une source appelée Fons Currens, la « fontaine courante », donnant son nom au sanctuaire. Cette histoire, profondément ancrée dans la mémoire populaire, aurait même inspiré l’anneau en forme de serpent qui orne le célèbre tassou des vignerons du Vallon.

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L’existence de la chapelle est attestée quelques années plus tard, en 1351. Les autorités religieuses et civiles décident alors d’y adjoindre une petite léproserie destinée à accueillir les malades. Les travaux, interrompus par la construction des remparts de Marcillac durant la guerre de Cent Ans, seront finalement achevés vers 1380. Devant l’affluence des pèlerins, une nef est ajoutée afin d’abriter la statue de la Vierge, et l’église est consacrée en 1389.

Construite en grès rouge et couverte de lauzes de schiste, Notre-Dame de Foncourrieu conserve aujourd’hui l’élégance simple des sanctuaires ruraux du Rouergue. L’existence de la chapelle est attestée quelques années plus tard, en 1351. Les autorités religieuses et civiles décident alors d’y adjoindre une petite léproserie destinée à accueillir les malades. Les travaux, interrompus par la construction des remparts de Marcillac durant la guerre de Cent Ans, seront finalement achevés vers 1380. Devant l’affluence des pèlerins, une nef est ajoutée afin d’abriter la statue de la Vierge, et l’église est consacrée en 1389.

 

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Au cœur de la chapelle se dresse la statue polychrome de Notre-Dame de Foncourrieu. Réalisée au XIVe siècle, elle représente une jeune Marie dans l’attitude du Magnificat, une main posée sur le cœur, l’autre tournée vers le ciel. Sa robe rouge, décorée de grappes de raisin, en fait naturellement la protectrice des familles et des vignerons du Vallon. Depuis des générations, les habitants viennent lui confier leurs enfants, leurs récoltes et leurs espérances.

La Révolution française met pourtant le sanctuaire en péril. La statue est sciée en deux et sa partie inférieure brûlée. Une paroissienne parvient néanmoins à sauver la partie supérieure, cachée jusqu’au retour de jours plus favorables. Restaurée au XIXe siècle puis couronnée solennellement en 1901, elle demeure aujourd’hui le symbole de la fidélité des Marcillacois à leur patrimoine.

Chaque lundi de Pentecôte, cette fidélité se manifeste encore lors du pèlerinage de la Saint-Bourrou. Héritière d’une tradition plusieurs fois séculaire, cette fête associe intimement la bénédiction des premiers bourgeons de vigne, le chapitre de l’Échansonnerie de Saint-Bourrou et le rassemblement de toute une vallée autour de son sanctuaire. Peu de lieux illustrent avec autant de force cette rencontre entre le patrimoine religieux et la civilisation de la vigne.

Plus qu’une chapelle, Foncourrieu est la mémoire vivante du Vallon. Elle raconte comment une terre, une communauté et un vignoble ont construit au fil des siècles une identité commune, toujours profondément ancrée dans le paysage aveyronnais.

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Pour aller plus loin

Cet article accompagne la parution du livre « Marcillac-Vallon », second volume de la Collection Patrimoine de l’Aveyron publiée par les Éditions Territoires.

À travers les photographies de Patrice Thébault et un récit consacré à l’histoire du village, de ses chapelles et son église, l’ouvrage propose une immersion sensible dans l’un des plus grands sites patrimoniaux français. Conçu dans un format élégant de 76 pages, il inaugure une collection destinée à mettre en lumière les monuments, villages et paysages qui façonnent l’identité de l’Aveyron.

Un prolongement naturel pour ceux qui souhaitent poursuivre la découverte de Marcillac-Vallon au-delà de la visite ou de la lecture de cet article.

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