Actuellement exposé au Centre d’Art Photographique Pierre Soulages, nous revenons sur le travail d’Olivier Mériel qui avait réalisé lors d’une résidence en 2016/2017 à Conques et qui avait donné lieu à une exposition au Palais Episcopal de Rodez. De cette exposition intitulée Conques, Chemin de lumière avait été édité un bel ouvrage et nous en proposons quelques images….

Qui prendra le temps d’une traversée de l’œuvre photographique d’Olivier Mériel ne pourra s’empêcher de voir s’imposer la mystique de la lumière qui habite cette œuvre : d’une image à l’autre émerge avec une constance confinant à l’obsédante passion l’évidence d’une consubstantialité entre l’art et le dévoilement lumineux. Oui, de façon générale, la photographie est une révélation ; et c’est devenu un bien habituel, facile, et dès lors (trop) usé jeu de mot que celui-là, qui renvoie un peu systématiquement la démarche photographique à son processus technique – qui n’a, pour autant, rien d’anodin ni d’anecdotique, ni donc d’innocent… Mais si la photographie est révélation, elle l’est en fait surtout dans ce qu’elle parvient à faire advenir et dans ce qu’elle manifeste esthétiquement d’une manière d’être au monde (dans le monde, avec le monde, par le monde !).

Ainsi, s’il est facile de filer la métaphore et de se réapproprier le lexique religieux, il est plus juste de se situer dans ce que la photographie a de philosophique : avec Olivier Mériel, la photographie s’affirme comme une mystique de la présence qui est bien éloignée de la simple réalité plastique de la reproduction du réel.

  • Conques, Chemin de lumière

« Et la lumière fut » : voilà le mythe…. « Et le photographe fut dans la lumière » : voilà la manière de se vivre du photographe… « Et la lumière fit » : voilà enfin la réalité du photographe, créateur du monde qui n’existe que par celui qui le regarde, l’habite, et par là-même le transforme. 

Errance, cheminement, quête… ? Quoi qu’il en soit, la recherche d’Olivier Mériel, homme de paysages, peut se lire comme la volonté farouche de dire sa présence dans le lieu : de se dire comme cet être particulier et prisonnier de lui-même (mais comme nous le sommes tous !), qui se vit comme une subjectivité face au monde, dans un dialogue intérieur permanent dont la photographie devient l’artefact esthétique : parce que la lumière vient faire attirer l’attention, Olivier Mériel se prête au monde par son regard photographique, s’ouvre et se rend disponible au sujet. Au sujet ? Non : aux sujets ! Car il y a infinité de sujets : il y en a autant qu’il y a de lumières, d’objets hors de soi, et d’humeurs en soi… 

Alors Conques dans tout ça ? Un simple sujet parmi d’autres ? Pas tout à fait… Car il y a toujours des lieux d’inspiration, et Conques, par son histoire, par sa topographie,  ne peut manquer d’en être un : si un label touristique n’est pas forcément le gage d’un lieu de villégiature artistiques, il n’en demeure pas moins que Conques mérite le détour visuel. Site préservé par son isolement au cœur d’un cirque, Conques a quelque chose de l’écrin médiéval qui s’offre aux éclairages les plus variables dans un règne très minéral : de la roche à la pierre taillée, de la vue naturelle au spectacle architectural, ce sont autant de points de vue qui se donnent à surprendre dans le piège des perspectives ou des panoramiques qui se découvrent au détour d’un passage. Le recueillement, religieux comme simplement spirituel, dans une tradition de contemplation romantique (de méditation poétique… !

le « O temps suspens ton vol » de Lamartine résonnerait sans faux accord ici… !), devient une évidence dans ce contexte. Et on le sent bien, à travers toutes ses images, Olivier Mériel est un homme de recueillement : il aime suivre son chemin pour trouver la pause,  qui est ce temps que l’on perd et que l’on gagne à laisser le monde nous parler au prétexte d’une incidence lumineuse… D’un heureux et lumineux hasard qui permet un être-là harmonieux jusque dans le mystère du monde. 

Sylvain Lagarde


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Olivier MERIEL – Photographie originelle

Olivier Mériel est né à Saint-Aubin-sur-Mer en Normandie en 1955. 

Il pratique depuis presque 40 ans la photographie noir et blanc argentique à l’aide de chambres photographiques grands formats. Son travail repose depuis toujours sur le dialogue entre l’ombre et la lumière.

Olivier Mériel n’est pas de ces photographes qui courent le monde à la recherche de sujets spectaculaires. Les siens sont de plus, simples, intérieurs, des paysages inhabités… mais en apparence, car dans son travail un mystère est là, on ne sait pas si on est dans le réel ou l’irréel, et on peut très bien glisser dans l’un ou dans l’autre.

La photographie est pour lui un engagement artistique profond. L’art est la métaphysique de l’homme. C’est l’espace intérieur qui lui permet de communier avec l’invisible.

Une fois que la prise de vue est faite, il regagne sa chambre noire pour retrouver la lumière.

Pour lui, la recherche en laboratoire est fondamentale. C’est elle qui va parachever sa recherche de la lumière. Il voit cela d’un point de vue musical, le négatif étant la partition, et le tirage l’interprétation.

Son travail a fait l’objet de nombreuses parutions et expositions en France et à l’étranger.

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